Libéralisation du marché des trajets de longue distance effectués en bus

  • © Atout France - Cédric Helsly

Libéralisation du marché des trajets de longue distance effectués en bus

Après la perte de son monopole début 2013, la Deutsche Bahn doit désormais faire face à cette nouvelle concurrence et enregistre déjà une perte de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en un an

Le bus est le nouveau moyen de transport plébiscité par les Allemands. En décembre 2013, le nombre de trajets longue distance effectués en bus a bondi de 230 % par rapport au début de l’année où ce marché a été dérégulé en Allemagne.

En janvier 2013, le monopole de la Deutsche Bahn sur les longs voyages en bus avait été aboli pour faire émerger des solutions bon marché et respectueuses de l’environnement face à la flambée des prix du pétrole tout en réduisant le trafic automobile.

Selon un rapport du cabinet-conseil berlinois IGES, les compagnies organisaient déjà en décembre 2013 chaque semaine quelque 5.100 trajets longue distance contre 1.540 en janvier ce qui représente une hausse de 231,2 %. Les estimations sur le chiffre d’affaires ainsi réalisé en 2013 vont de 300 à 600 millions d’euros.

Berlin est la destination la plus prisée (20 % des recherches sur Internet). Munich arrive en deuxième position (7,2 %) suivie de Hambourg (6,5 %) et Cologne (4,4 %).

Le nombre de lignes a littéralement explosé passant de 62 à 138. Cette évolution a largement profité aux petites villes des Länder du sud autrefois non desservies par les bus pour les trajets longue distance en province, où la Deutsche Bahn avait en outre fermé ses liaisons en raison de leur manque de rentabilité.

L’entreprise privée MeinFernbus (MFB) s’est taillé la plus grande part du marché avec 39,7 % distançant ainsi la Deutsche Bahn (21,7 %), Flixbus (14,8 %), ADAC Postbus (7,5 %) et city2city (4,8 %). Plus de 8 millions de passagers ont déjà utilisé ces bus. Cela ne présage rien de bon pour les sociétés ferroviaires déjà confrontées à la concurrence des compagnies aériennes low-cost ces dernières années.

Cette nouvelle concurrence a en effet déjà coûté environ 40 millions de chiffre d’affaires en un an à la Deutsche Bahn, de nombreux passagers préférant désormais abandonner le train au profit du bus en raison des prix très agressifs pratiqués par ces derniers (parfois à peine 4 cents le km).

Il est toutefois peu probable que l’ère des bus ultra-compétitifs dure indéfiniment. Les prix vont sans doute commencer à augmenter dès que les compagnies auront consolidé leur part de marché.