Conjoncture économique

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Conjoncture économique

Après une croissance allemande plutôt faible en 2013 (+0,4 %), les perspectives s’annoncent meilleures aussi bien pour 2014 (+1,7 %) que pour 2015 (+ 2,0 %)

Croissance modérée en 2013

Selon l’Office Fédéral des Statistiques, la croissance allemande a été très modérée en 2013 et a même continué à ralentir pour la quatrième année consécutive. Après +0,7 % en 2012, +3,3 % en 2011 et +3,6 % en 2010, le PIB n’a en effet atteint que +0,4 % en 2013 soit 2.736 milliards d’euros.
C’est la croissance la plus faible enregistrée depuis la récession de 2009, où, sous l’effet de la crise économique, le PIB avait reculé de -5,1 %.
La croissance de 2013 se situe aussi bien au dessous de la moyenne de +1,2 % des dix dernières années (2002-2012).

La consommation, pilier de la croissance

La consommation a représentée en 2013 le principal moteur de la croissance allemande. Les dépenses des ménages hors inflation se sont accrues de +0,9 % contre +0,8 % en 2012 et celles de l’Etat de +1,1 %.

Par contre, les entreprises et l’Etat ont réduit de 2,2 % leurs investissements en machines, outils et véhicules.

Quant au commerce extérieur, il affiche un solde négatif (moins 0,3 %). Les exportations de biens et services ont en effet vu leur progression ralentir en 2013 (+ 0,6 %) contre +3,2 % l’année précédente alors que les importations augmentaient au rythme de +1,3 %. C’est la première fois depuis 2009 que le commerce extérieur de l’Allemagne ne contribue pas à la croissance du pays qui est désormais tirée par la demande intérieure.

Premier exportateur mondial de capitaux

Selon l’institut Ifo, l’Allemagne a toutefois enregistré un excédent record de sa balance des paiements courants (200 milliards d’euros, soit 7,3 % du PIB) qui fait d’elle le plus grand exportateur mondial de capitaux en 2013.

L’Allemagne a, par ailleurs, enregistré en 2013 un nombre record d’actifs pour la septième année consécutive. 41,78 millions de personnes en moyenne y exerçaient l’an passé une activité rémunérée, un niveau encore jamais atteint auparavant.

Le rythme de création d’emploi (+ 0,6 %) s’y est néanmoins assez nettement ralenti.

Finances publiques : la consolidation se poursuit

Les finances publiques ont poursuivi leur consolidation. L’Allemagne a enregistré en 2013 un très léger déficit (moins 0,1 % du PIB), les dépenses de l’Etat Fédéral, des Länder, des communes et des assurances sociales outrepassant les recettes de 1,7 milliard d’euros. En 2012, les finances publiques avaient enregistré un excédent de +0,1 %, après un déficit de -0,8 % en 2011.
L’endettement public de l’Allemagne devrait en outre reculer de 77 % du PIB actuellement à 71 % en 2016.

Perspectives de croissance pour 2014

La croissance du pays, basée traditionnellement sur les exportations, est donc en train de se recentrer autour du marché domestique et compte à nouveau sur la demande intérieure pour rebondir en 2014.

La consommation privée devrait profiter de perspectives d’emploi et de revenus favorables. Ces derniers devraient en effet augmenter de +2,7 % en 2014 après une hausse de +2,3 % en 2013 et de +2,9 % en 2012.

Les économistes s’attendent à ce que la reprise économique s’accélère en 2014. La Bundesbank table sur une croissance de +1,7 % cette année et de +2,0 % en 2015 soit 5 fois plus qu’en 2013. La Banque Fédérale s’attend également à ce que les comptes publics allemands renouent avec les excédents en 2014. Ceux-ci pourraient atteindre 0,5 % du PIB.
Le gouvernement s’attend pour sa part à une reprise durable avec une croissance de +1,8 % cette année et de +2 % en 2015 en misant sur un marché intérieur dynamique et un regain des investissements des entreprises.

Après l’énorme baisse du chômage obtenue depuis 2005, le marché du travail ne se développe désormais plus que très peu. Le taux du chômage de 6,9 % en 2013 (2,950 millions de chômeurs) contre 6,8 % en 2012 devrait retrouver ce niveau en 2014 avec, à chaque fois, une moyenne de chômeurs en dessous des 3 millions.
L’emploi devrait ainsi enregistrer son niveau historique le plus haut avec une moyenne de 42 millions d’actifs en 2014 contre 41,78 millions en 2013.

La reprise escomptée pour 2014 ne devrait pas pour autant faire ressurgir un danger d’inflation. Après une hausse modérée de +1,5 % en 2013, le taux d’inflation devrait rester bas avec +1,1 % en 2014 puis +1,4 % en 2015 et +1,7 % en 2016, soit loin du seuil des +2 % considéré comme la limite de l’acceptable. Les entreprises devraient donc à nouveau investir plus dans des machines et d’autres équipements.

Tous les instituts économiques sont d’avis que l’Etat devrait à nouveau fortement investir et abandonner sa frilosité en la matière. Selon l’institut de recherche économique DIW (Deutsches Institut für Wirtschaftsforschung) le retard à combler est en effet estimé à un montant en milliards à 3 chiffres.
Une forte augmentation des investissements publics en Allemagne serait aussi une des conditions préalables pour permettre de surmonter la crise de l’euro.

Pour assurer le financement de telles sommes, des augmentations d’impôts seraient donc indispensables. Elles ne nuiraient nullement à la croissance, bien au contraire, si l’argent est utilisé pour des investissements d’avenir dans les domaines de l’infrastructure, de l’éducation et de la transition énergétique.

Des risques continuent néanmoins à peser sur la croissance

La situation de certains pays émergents rend en effet les marchés financiers fébriles. Par ailleurs, la zone euro n’est pas hors de danger malgré des améliorations et, depuis peu, un nouveau danger se profile. Les entrepreneurs allemands s’inquiètent en effet des effets très négatifs que des sanctions internationales contre la Russie pourraient avoir sur l’économie allemande si la crise actuelle devait encore empirer en Ukraine.
L’Allemagne dépend en effet fortement de la Russie pour une partie non négligeable de son approvisionnement énergétique, soit 36 % de ses livraisons en gaz et 39 % de ses livraisons en pétrole, ce qui représente une facture annuelle de quelque 33 milliards d’euros. L’Allemagne serait donc tout particulièrement touchée en cas de vives réactions de la Russie suite à des sanctions internationales.

Sources : Office Fédéral des Statistiques– Bundesbank – Ministère Fédéral de l’Economie – Instituts DIW et Ifo